Le Brésil a dépassé vendredi le seuil des 180.000 morts du Covid-19, subissant de plein fouet la 2e vague, même si le président Jair Bolsonaro a évoqué la “toute fin” de la pandémie. Le dernier bilan du ministère de la Santé fait état de 672 décès en 24 heures, pour un total de 180.437, dans le deuxième pays le plus endeuillé derrière les Etats-Unis. Le nombre de contaminations reste également très élevé, avec 54.428 nouveaux cas, 6.836.227 depuis le début de la pandémie. Les spécialistes craignent que le rythme des contaminations s’accélère encore avec les réunions familiales et amicales des fêtes de fin d’année, dans ce pays de 212 millions d’habitants qui s’apprête à entrer dans l’été austral avec des plages déjà bondées le week-end. “La situation risque d’empirer avec l’été, parce que les personnes vont circuler davantage, sans aucun contrôle, la plupart des mesures de restriction ayant déjà été levées”, explique à l’AFP Christovam Barcellos, chercheur à l’institut de référence Fiocruz. Depuis le début de la pandémie, Jair Bolsonaro n’a cessé de minimiser le virus et de critiquer les restrictions imposées par les maires et les gouverneurs des Etats, au nom de la préservation de l’emploi. Et pourtant, ces restrictions étaient pour la plupart beaucoup moins sévères qu’en Europe, très peu de villes ayant imposé un véritable confinement ou un couvre-feu, se limitant la plupart du temps à fermer certains commerces. Jeudi, le président d’extrême droite a ignoré la deuxième vague en affirmant que le Brésil était “en toute fin de pandémie”. “Le président se trompe, je ne sais pas d’où il sort cette idée. Les chiffres montrent le contraire”, rétorque Christovam Barcellos. Après un plateau interminable à plus de 1.000 morts de juin à août, les courbes ont commencé à se creuser, avec moins de 400 décès quotidiens en moyenne à la mi-novembre, avant de repartir à la hausse ces dernières semaines.